EMPIRE STATES OF MIND
Après que Lady Gaga a fourni le support audio du dernier défilé d’Alexander McQueen, c’est au tour d’Alexander McQueen de fournir le support visuel du dernier clip de Lady Gaga.
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Crédit photo: Géraldine Dormoy, Café Mode
Grosse claque visuelle – je suis obsédée par cette vidéo depuis sa sortie hier matin, à vrai dire. C’est dark, c’est mélancolique, ça a de la gueule. Une fois de plus, Gaga repousse les limites de l’utilisation de son image, entre sa plastique manipulée par des tenues d’une autre dimension et un contenu jouant avec le scandale.
A vrai dire, on commence à être habitués, ça fait quelques mois que dans chacune de ses performances, elle se fait agresser, molester et/ou assassiner (elle s’en auto-fous plein la gueule, la pauvre), et c’est le deuxième clip où elle met à mort un homme sans trop d’état d’âme, avec un fonds comique indéniable (est-ce que je suis la seule à qui le plan final de ce clip a fait penser à Austin Powers 2?????). read more…
J’ai été assez rapidement sous le charme de la vidéo d’Empire State of Mind, quand elle est sortie, il y a une dizaine de jours.
A la base, je pensais que c’était à cause d’un plan esthète à la con, genre, ouah, des clichés de New York. La succession de visuels en noir et blanc me parait en effet assez bien refléter ce truc en plus de New York, pas tant son éclectisme que l’être étant qu’on a quand on y est. Le “I own the place” en quelque sorte. Entre une veine un peu ninetiesante de visuels du ghetto et la succession de clichés plus grand public, depuis l’Empire State Building jusqu’aux fashionistas qui dominent les rues à shopping (quitte au passage à donner une saveur de hood à ces quartiers chics, et à faire des miss en lunettes de soleil oversize des membres d’un nouveau gang), New York, c’est badass. Bref, j’aime bien cette imagerie, c’est visuellement vraiment beau, et ça donne envie d’aimer cette ville – et quand c’est déjà le cas, ça donne envie de l’aimer encore plus.

Ensuite, je me suis dit que peut-être que mon opinion était biaisée par le fait d’habiter Bed Stuy quand je suis à New York, dans un esprit “vas-y mec, moi je comprend trop Jay, moi aussi I’ll be hood forever“, je le comprends ton grand écart entre le hood et les quartiers chics de Manhattan. Ouais mec, ouais. read more…
Après Rue89 qui brise le mythe du macaron, intéressons-nous à l’autre niaiserie culinaire.
Depuis le premier post que j’avais fait sur la question il y a plus d’un an et demi (et on rajeunit toujours pas avec ça), les cupcakes ont un peu déferlé sur la France et la parisienne s’extasie un peu plus chaque jour sur la mignonnité de ces petites pâtisseries. Seulement, au risque de faire ma snob ce que propose Berko ressemble à peu près autant à un cupcake que la baguette du Prêt-à-Manger ressemble à la Campaillette que j’achetais rue Lamarck, dans le 18e (dans un sens chiasmatique, si tu vois ce que je veux dire). Ou que la Grey Poupon Mustard peut être considérée fine, forte et de Dijon (les expat’ comprendront). C’est pas nul, mais c’est pas bien non plus (ça se lirait presque en écoutant Louise Attaque, cette affaire). Par ailleurs, le bon cupcake, en fait, c’est pas tant qu’il est joli…

Où l’on comprend qu’un cupcake, c’est joli, mais c’est crado. Et c’est pour ça que c’est bon.
Je l’ai dit et je le maintiens, le cupcake vraiment bon ne se trouve pas dans beaucoup d’endroits et 99,9% de ces endroits sont localisés sur Manhattan. La Mecque du cupcake à Manhattan, c’est Magnolia. Immortalisé dans Sex and the City dès les premières saisons, la boutique de Bleecker Street, située à une encablure de Marc Jacobs, a droit à 50m de queue en quasi-permanence, et la franchise s’est dotée de deux super boutiques, une au pied du Rockefeller Center, une autre sur Columbus Ave, en plein Upper West Side. read more…
Halloween, c’est la fête des enfants, du trick or treat et du dark. Cela dit, à New York, ou plutôt sur Manhattan, ça ressemble finalement assez peu à une fête familiale et beaucoup plus à une frénésie semblable à celle que connaît la Nouvelle-Orléans pendant Mardi-Gras. La fête consiste en un bon vieux carnaval des familles en somme.
L’activité incontournable, c’est aller voir la parade dans West Village, peut-être moins pour le défilé que pour profiter du public qui y assiste. La suite logique, c’est de traîner sur Bleecker Street, une des rues les plus touristiques et les plus putassières de la ville, de compter le nombre de Wonder Women, de slutty Blanche-Neige et de Lady Gaga, de se faire photographier à côté du courageux qui s’est déguisé en Michael Phelps (ie. en slip de bain) ou du marrant qui est venu en Oscar, de se foutre de la gueule du bellâtre qui rentabilise son abonnement à la salle de sport en se déguisant en satyre (= torse nu), de participer à l’hystérie collective occasionnée par le travestissement, entre quasi-nudité et horreur. Le costume, c’est l’occasion pour cette catégorie de la population (jeunes adultes souvent célibataires) de tomber ses inhibitions via un rôle joué.
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Starbucks a réédité son Pumpkin Spice Latte saisonnier,
Gossip Girl a fait revivre les années 30 pour un Halloween thématisé prohibition et speakeasy, un gigantesque bonfire a été organisé dans Eastwick et Dixon s’est déguisé en basketteur des années 70 dans 90210
The Witches of Eastwick est en rupture de stock sur Netflix, pendant que Hocus Pocus est un trending topic sur Twitter

Paranormal Activity et Zombieland cartonnent au box-office, read more…
Oh, Procrastination, que ton nom est tragique quand on tient un blog. De fait, un post doit être écrit dans la demie heure qui suit le moment où l’idée vient, sinon, c’est un peu l’échec. Crois-moi, j’aimerais plus poster ou préparer mes posts de la semaine le dimanche pour ne pas être prise de court, mais point is, j’en suis incapable. Une étrange gueule de bois m’en empêche tous les dimanches. Tout ça à cause du Brooklyn Social.

Blair Waldorf le dit dans la saison 3 de Gossip Girl, on ne sort pas le samedi soir (bon, c’est vrai qu’elle est super conne, mais c’est pas grave). La nightlife du samedi soir est réservée aux beaufs dans l’idée, surtout dans une ville comme New York où tu peux te déchirer toute la nuit et tout le jour à n’importe quel moment. La règle donc, quand on est chic, c’est le “keep it low key” et se contenter de boire des coups dans un confortable bar de quartier après un resto ou un ciné (je fais des abréviations, c’est pour faire comme le Guide du Routard).* Dans cette logique, le Brooklyn Social emporte haut la main le contest du bar le plus cool du monde. Entre une sélection de cocktails italo-américains et une déco surannée de club privé pour messieurs des années 30, il y règne une atmosphère de quasi-prohibition sans le décorum un peu surfait des speakeasy de Manhattan. read more…
Taylor Swift, c’est le genre d’artiste américaine qui passe difficilement la barrière de l’Atlantique – et de la puberté. Visage de poupée, chansons acidulées sur fond de Country, c’est la petite fiancée de l’Amérique, et accessoirement une ex du fiancé au masculin de l’Amérique, Joe Jonas (le couple le plus chiant du monde, ça baisait même pas par chez eux, heureusement qu’il l’a larguée par texto, ça remet un peu de wild style).

Vise un peu le genre…
Il est difficile de comprendre la levée de bouclier anti-Kanye après les MTV Awards si on ne comprend pas ce que représente cette petite dans ce pays. Je veux dire, les Américains aiment Taylor, de 7 à 77 ans. En France, elle passe pour un produit calibré spécial “petite gamine boulotte rêvant d’Hannah Montana”, mais en fait, tout le monde semble bien l’aimer.
Mise en situation. read more…
Un des avatars du retour en force du nœud et des imprimés Liberty en 2008 et surtout en 2009, c’est le retour d’autres fanfreluches dix-neuviémistes a tendance “je suis une héroïne romantique” et “I could forgive Darcy’s pride, had he not hurt mine.“* Parmi ces artefacts niais, les camées. Je ne sais pas comment c’était en France, mais ici, l’hiver dernier, on s’arrachait pas mal ces petites cochonneries vendues à prix dérisoire chez Forever 21 et un peu moins dérisoire chez Urban Outfitters. Dans le fond, c’est pas un peu gnagnan, cette affaire?

Sauf si… read more…
Petit précis de langage à l’usage des adulescent(e)s voyageant sur le Nouveau Continent
En regardant la bande annonce en VF pour Jennifer’s Body (film culte en puissance), j’ai été sidérée par le point auquel les doubleurs sont à côté de la plaque. Les dialogues etaient affligeants de platitude alors que c’est quand-même estampille Diablo Cody… La conclusion que j’en ai tiré, c’est que ces films doivent être vus en VO pour saisir le phrasé plein de charme des 15-35 ans américains. Oui, 15-35 ans. Y a les early adopters et les victimes du jeunisme, mais tout le monde est dans le même panier, dans cette affaire. Donc revenons sur ces basiques qui feront de vous la star des conversations outre-atlantique, ces petites choses qui ne se trouveront jamais dans une méthode Assimil et encore moins au Wall Street Institute.
Dans mon Top 10 des réalisateurs les plus cools du monde, il y a incontestablement Robert Zemeckis. On lui doit des films qui savent allier ludique et cinéphilie, histoire et pop culture. On lui doit Qui veut la peau de Roger Rabbit, Retour Vers le Futur et Forrest Gump, et je crois que s’il avait aussi fait les Goonies, ce serait officiellement mon réalisateur des années 80 préféré (en fait, il tient le haut du podium même sans les Goonies – à cause de Retour vers le Futur, nom de Zeus).
Le point commun entre les 3 films, outre des effets spéciaux gigafun, c’est bien évidemment le travail sur le temps. Dans … Roger Rabbit, c’est une parodie de néo-noir des années 50, dans Retour vers le Futur, c’est directement le voyage dans le temps et dans Forrest Gump, c’est une histoire de l’Amérique des années 50 aux années 90. A chaque fois transparait une vision surannée et amusée du passe. Cette fascination pour le désuet et pour le rétro sont aussi bien l’occasion de faire plaisir au spectateur, qu’une réflexion sur la notion même de rétro, sur les codes sélectionnés pour recréer le passe. Dans Retour vers le Futur, c’est le prix d’une canette de Diet Pepsi, dans Forrest Gump, ce sont les lieux de mémoire d’un livre d’histoire, du déhanché d’Elvis au Vietnam. Il y aurait énormément de choses a dire de tout cela (je pourrais parler pendant des heures de Retour vers le Futur, je crois), mais ce qui m’intéresse, ici, c’est la sélection des codes qui recréent le passe. Dans mon cas, un ordinateur particulièrement agaçant me ramène 10 ans en arrière depuis quelques semaines, et c’est très perturbant.
Depuis que je vis à Albany, je suis en plein voyage dans le temps, pire qu’a Brooklyn, c’est dire. Alors qu’à Brooklyn, le voyage dans le temps se faisait sur un mode rétro-chic atechnologique quelque part dans les années 70, à Albany, me voila mollement transportee quelque part entre 1988 et 1999. C’est bizarre, dans mon bureau, il y a un vieux téléphone à touches. Quelque part, c’est le meilleur artefact de ce lieu, il m’a permis de me livrer à une mise en scène digne du Grand Sommeil (ou de Roger Rabbit, donc), les pieds sur la table remuant de vieux dossiers:

(vise ces merveilles, complet retravail autour du retour des Doc Martens avec une touche un peu punk, un peu boyfriend, modèle phare de Steve Madden – oui, bon - cette saison – ca fait fureur aux États-Unis, crois-moi – fierce, on dit, ici)

